USA - Recommandations sur la chirurgie materno-foetale du spina bifida (texte complet)

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« Le Comité pour les Pratiques Obstétriques de l’ACOG (Congrès américain des obstétriciens et des gynécologues) a diffusé en janvier 2013 des recommandations sur la chirurgie materno-fœtale en cas de myéloméningocèle, la forme la plus grave de spina bifida, à la suite des résultats prometteurs de l’étude conduite aux USA par le MOMS (Management Of Myeloneningocele Study).

Cette étude avait montré que l’opération avant la naissance réduit le besoin de dérivation ventriculaire pour traiter l’hydrocéphalie et qu’elle améliore la motricité à l’âge de 30 mois.

Cependant il a été également constaté que cette chirurgie prénatale s’accompagnait de risques importants pour la mère et le fœtus. »

Par exemple, la chirurgie prénatale a été associée à des taux élevés de naissances prématurées, de bradycardie fœtale, oligohydramnios (déficit de liquide amniotique en fin de grossesse), décollement placentaire, oedème pulmonaire, transfusion maternelle lors de l’accouchement, et une incidence accrue de l’amincissement de l’utérus. »

Le Comité observe donc que « La chirurgie materno-foaetale est une procédure majeure pour la femme et son foetus et qu’elle a des implications et des complications significatives qui surviennent de manière aiguë, après l’intervention, pendant la durée de la grossesse et au cours des grossesse ultérieures.

Le Comité signale que l’étude réalisée par le MOMS a appliqué à des critères d’inclusion stricts et des exigences rigoureuses quant à l’expérience des chirurgiens impliqués. En conséquence, les résultats de l’étude doivent être considérés comme un « meilleur des cas ». Le Comité exhorte les médecins à utiliser les mêmes critères d’inclusion que les chercheurs lors de l’examen qui les femmes qui pourraient avoir recours à la chirurgie materno-fœtale. Les critères étaient : une grossesse unique, une myéloméningocèle avec niveau supérieur entre T-1 et S-1, la preuve d’une hernie du cerveau postérieur, un âge gestationnel compris entre 19,0 et 25,9 semaines, et un caryotype normal. Les principaux critères d’exclusion étaient : une anomalie fœtale sans lien avec la myéloméningocèle ; une cyphose sévère, un risque de naissance prématurée, un indice de masse corporelle de la mère de 35 kg / m 2 ou plus, et des contre-indications à la chirurgie, y compris une hystérotomie antérieure dans le segment actif utérine.

Le Comité recommande également que les femmes soient informées sur les conséquences de la chirurgie pour les grossesses futures.

Il s’agit d’une procédure très technique avec un potentiel de morbidité et de mortalité possible, même dans les mains meilleures mains et les plus expérimentées. La chirurgie materno-fœtale pour myéloméningocèle ne devrait être proposée que dans les établissements disposant de l’expertise, des équipes pluridisciplinaires, des services et des installations pour fournir les soins intensifs nécessaires chez ces patients.

Les auteurs de l’étude ont déclaré qu’ils ont reçu des fonds de la National Institute of Health. L’un des auteurs a déclaré avoir reçu des fonds de l’Université Vanderbilt à Nashville, au Tennessee. »

Source : Ob.Gyn Newa – Digital Network & ACOG - Traduction : ASBBF

Vous pouvez consulter les articles publiés antérieurement sur ce site au sujet de la chirurgie materno-foetale du spina bifida :

- Chirurgie materno-foetale ou post-natale pour le spina bifida ? Une étude de cas récente montre que la chirurgie materno-foetale n’améliorerait pas la fonction urinaire basse (publié le 17 novembre 2012)

- Chirurgie materno-foetale pour le myéloméningocèle ? (publié le 7 avril 2011)

- Mise en perspective de l’étude sur la chirurgie foetale du myéloméningocèle par la SBAA (Spina Bifida Association of America)
(publié le 2 mars 2011)

- Spina bifida et Myéloméningocèle : Chirurgie foetale ? Chirurgie postnatale ? (publié le 12 février 2011)

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