Lancement en France d’un "Programme réparation in utero des myéloméningocèles" (PRIUM)

L’étude randomisée MOMS (Management Of Myeloneningocele Study), publiée en 2011 et effectuée aux USA, a montré que la réparation in utero des myéloméningocèles (MMC) apporte un des bénéfices appréciables :
- régression de l’hydrocéphalie et des malformations d’Arnold Chiari
- moindre nécessité de dérivation ventriculaire post-natale (40% contre 82%, dans les 12 premiers mois de vie)
- amélioration des fonctions mentales et motrices à 30 mois de vie
- pas de différence de mortalité périnatale

L’impact de la chirurgie in utero sur la continence future semble faible.

Outre les risques liés à toute intervention chirurgicale, cette chirurgie présente cependant un certain nombre de risques, non négligeables :
- prématurité (34SA en moyenne)
- rupture prématurée des membranes (46%) et oligoamnios (21%)
- effets secondaires des traitements pour empêcher les contactions utérines
- risques liés à ce type de cicatrice utérine (déhiscence, rupture).

Cependant, devant l’efficacité de la chirurgie prénatale, l’essai MOMS a été arrêtée en cours d’étude (après recrutement de 183 patientes sur 200 prévues).

Après une période de moratoire, un programme "réparation in utero des myéloméningocèles" vient de démarrer en France. Ce programme se déroulera à l’Hôpital Trousseau (Paris). Il portera sur l’étude de 10 cas de chirurgie fœtale mis en perspective avec 40 cas de chirurgie néonatale. Le programme s’adresse aux femmes qui ne souhaitent pas d’interruption de grossesse. Des critères spécifiques d’inclusion (e.a. personne majeure, couverte par l’assurance-maladie, parlant français, ...) et d’exclusion (e.a. grossesse multiple, cyphose sévère, BMI > 35, ...) ont également été définis.

L’Hôpital universitaire Gasthuisberg (UZ Leuven - Belgique) est connu comme un important centre d’intervention de thérapie fœtale avec une vaste expertise dans le domaine de la chirurgie fœtale. Une équipe de cet hôpital développe également une expertise en matière de chirurgie materno-fœtale des MMC. Les patients sont traités de la même manière que dans l’étude MOMS. Des médecins de l’Hôpital pour enfants de Philadelphie font partie de l’équipe de traitement. Plusieurs fœtus ont déjà été opérés (source).

Dans 20 % des cas, il y a eu naissance prématurée, ce qui n’est pas rien. C’est pourquoi le programme PRIUM visera particulièrement à évaluer les effets des traitements utilisés pour éviter les contractions utérines, différents en France de ceux utilisés aux USA (moins d’effets secondaires et protocoles différents).

Des critères de sélection stricts et une information exhaustive sur les risques et les limites de cette chirurgie materno-foetale sont indispensables (le programme PRIUM prévoit un délai de réflexion de 7 jours entre l’information et le consentement).

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